Jusqu’où êtes-vous prêt à aller pour poursuivre un rêve ? L'histoire de Vito Bilello, 32 ans, semble tout droit sortie d'un film : un professeur qui quitte tout pour s'installer sur une île isolée, pour servir une classe de quatre élèves seulement.

Une dynamique que l'on a pu constater récemment sur grand écran, avec le film de Riccardo Milani. Mais cette fois, il ne s’agit pas d’un scénario, mais de la réalité de ceux qui, aujourd’hui, sont prêts à parcourir des kilomètres et à sacrifier leurs affections pour poursuivre une carrière dans l’enseignement.

Un choix courageux, celui de Vitoqui braque les projecteurs sur un système scolaire qui semble en demander de plus en plus à ceux qui veulent simplement faire leur métier.

L'histoire de Vito

Vito Bilello, originaire de Sambuca di Sicilia, a un CV très respectable : diplômé en biotechnologie avec les meilleures notes, une maîtrise en bioinformatique et une expérience de chercheur.

Pourtant, pour transformer sa passion pour les mathématiques et les sciences en un métier stable, il a dû faire un choix extrême.

Fin octobre, lors de l'annonce du poste d'enseignant suppléant sur l'île de Capraia (en Toscane), aucun des candidats ayant obtenu les notes les plus élevées n'a été retenu. Trop isolé, trop compliqué à atteindre. Mais Vito a dit oui.

Ainsi, après une recherche rapide sur Internet pour comprendre où se trouvait l'île, il a décidé de quitter ses terres, ses proches et une vie globalement confortable pour s'installer dans la plus petite commune de Toscane.

« Je ne le fais pas pour l'argent » explique à « Le Tyrrhénien », soulignant que son salaire, net de loyer et de dépenses, lui laisse très peu. Mais avec les points au classement et l'expérience acquise, son objectif est clair : préparer l'avenir, notamment au TFA pour devenir enseignante de soutien.

Le voyage : plus de mille kilomètres pour enseigner

La décision de déménager n'a pas été sans obstacles, à commencer par le voyage pour atteindre Capraia. Une odyssée de deux joursce qui a mis Vito en difficulté : de Sambuca à Palerme en voiture, un vol pour Pise, un train pour Livourne et, enfin, un ferry pour l'île.

Et comme si cela ne suffisait pas, le mauvais temps a rendu les choses encore plus compliquées.

Mais l’accueil sur l’île fut chaleureux. L'attendaient des collègues prêts à le soutenir et la beauté à couper le souffle de Capraia, qui rendait la distance de la maison moins amère. Même les élèves, quatre enfants âgés de 11 à 13 ans, ont accueilli le nouveau professeur avec enthousiasme.

La passion d’enseigner à la maison

Pour comprendre ce qui pousse un jeune homme comme Vito à entreprendre un chemin aussi compliqué, il faut se pencher sur son passé. Ses deux parents étaient enseignants et, comme lui, ont quitté la Sicile pour chercher une stabilité professionnelle dans le Nord.

Un exemple qui a inspiré son filslui faisant découvrir une vocation qui va au-delà du salaire : le plaisir d'être en contact avec les enfants à l'école, de rester actif mentalement et, pourquoi pas, de se consacrer du temps.

Mais chaque choix a un prix. Vito admet que ce qui lui manque le plus, ce sont ses proches : sa petite amie, sa famille, ses amis. Pourtant, malgré la solitude et les difficultés, il est déterminé à poursuivre cette expérience jusqu'en juin. « L'école est un système compliqué » réfléchit-il, mais pour ceux qui veulent y participer, c'est souvent le seul moyen bougez et acceptez les sacrifices.

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