Quand l’école ferme ses portes : l’exclusion définitive au collège

L’épouvantail au capuchon rouge, la sanction ultime brandie par la hiérarchie scolaire : l’exclusion définitive d’un collégien. Mais une fois la décision prise et l’élève expulsé, que devient-il et quelles sont les conséquences d’un tel acte ? Plongeons dans le dédale de l’exclusion scolaire.

Le Direct After School: Parcours après lexclusion

Lili a 14 ans, ses lunettes rondes et sa chevelure noire tranchent avec son sourire éclatant. Elle faisait partie de l’établissement de Jean-Jacques Rousseau jusqu’à cette année. Suite à des problèmes de comportement répétés et des mises en garde sans suite, la jeune fille a été exclue définitivement de son collège. « Au début, j’ai eu l’impression d’avoir gagné, plus d’école », avoue-t-elle d’une voix petite. Mais la réalité de l’exclusion s’est rapidement montrée plus sombre.

Scénario après l’exclusion

Après l’exclusion, la responsabilité de la réinscription de l’élève incombe aux parents selon la loi française. Ils doivent chercher un nouvel établissement, qui a l’obligation de l’accueillir si elle n’a pas d’autre affectation. Toutefois, la mise en pratique est plus ardue, car la réputation d’un élève exclu circule vite’, livre Nadine, mère de Lili.

Les conséquences psychologiques

Avec les yeux mouillés, Lili admet : « Je me sens coupable et honteuse, je regrette ce que j’ai commis ». Et ce sentiment est courant chez les adolescents exclus définitivement de leur collège. Une étude menée par l’Université de Cambridge a conclu qu’une exclusion peut engendrer une faible estime de soi, des problèmes de santé mentale, des tendances autodestructrices et augmente le risque de marginalisation sociale. « C’est comme recevoir l’étiquette d’un enfant perdu, indésirable », analyse Mme Bertrand, psychologue pour adolescents.

L’impact sur le parcours scolaire

L’exclusion peut avoir des conséquences durables sur le parcours scolaire de l’élève. « Lily a pris un retard considérable dans ses études, elle a perdu près de six mois de scolarité en attendant son admission dans un autre collège », déplore Nadine.

La continuité pédagogique est souvent rompue. Les élèves exclus définitivement sont deux fois plus susceptibles d’échouer à leurs examens que leurs homologues. Confrontés à une interruption de leur éducation formelle, ils ont plus de difficultés à reprendre le fil de leurs études une fois réintégrés.

Exclusion définitive et délinquance

Un des aspects les plus discutés de l’exclusion définitive est son lien avec la délinquance. Une publication de l’INSERM en 2011 a souligné que l’exclusion du collège était un précurseur potentiel de comportement antisocial. En effet, elle peut isoler les jeunes socialement, et, en l’absence de structures d’encadrement, ils peuvent être tentés de se tourner vers des activités illicites.

Une intégration sociale fragilisée

L’exclusion définitive a un impact direct sur l’intégration sociale de l’élève. « J’ai perdu la plupart de mes amis après mon exclusion. Ils ont continué leur vie, et moi j’ai l’impression d’être restée bloquée dans le temps », confie Lili.

Séparés de leurs pairs, les exclus peuvent être confrontés à l’isolement et à la stigmatisation, rendant la réintégration difficile et renforçant les sentiments d’exclusion et de marginalisation.

Bien que l’exclusion définitive soit parfois nécessaire, elle présente de sérieux défis. La recherche d’alternatives crédibles, tels que les programmes d’accompagnement spécialisé, le soutien psychologique, ou des systèmes de sanction plus constructifs pourrait être une avenue plus favorable pour ces élèves. Car comme le dit Lili, « Même si nous avons fait des erreurs, nous avons encore le droit d’apprendre, de grandir ».

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