Plus d’un millier de personnes, dont des étudiants, des enseignants et des parents, ont accueilli hier le président Mattarella. Le chef de l’État a assisté à l’événement « Tout le monde à l’école » organisé à l’institut ‘Saffi Alberti’ de Forlì à l’occasion de l’inauguration de la nouvelle année scolaire.
source photo : via le ministère de l’Éducation et du Mérite
Un long discours du Président Mattarella qui n’a pas manqué de rappeler une fois de plus la grande valeur stratégique de l’école. En termes de formation, avec l’épanouissement personnel des enfants, mais aussi humain pour favoriser la diffusion d’un sens civique large.
Inclusion, discrimination, violence : l’avertissement du président Mattarella pour la nouvelle année scolaire
« Nous avons décidé, pour ce début, de nous réunir ici, au cœur de la Romagne, frappée en mai dernier par une inondation dévastatrice, qui a fait des victimes, détruit des maisons et des entreprises, inondé les champs de culture, bouleversant la vie de nombreuses personnes. L’année scolaire s’ouvre régulièrement sur ces terres, malgré les dégâts subis par les structures. C’est un signe fort et concret de ténacité et de résistance » le chef de l’État a commencé qui a voulu souligner la proximité des institutions avec les territoires touchés par l’inondation.
Dans son discours, le Président aborde plusieurs points. Parmi ceux-ci, il y a l’inclusion, qui est « un objectif d’une importance décisive. De nombreux progrès ont été réalisés ces dernières décennies en faveur des jeunes handicapés, grâce également au travail extraordinaire des enseignants de soutien. Mais sur ce front, nous ne pouvons pas nous arrêter, et encore moins revenir en arrière. ». Tout comme le phénomène de l’immigration doit être accueilli sous un angle différent, selon le président Mattarella : « Il faut bien considérer que nos classes sont fréquentées par environ 800 mille étudiants, migrants ou enfants de migrants étrangers. Un dixième de ceux inscrits dans nos instituts. Il s’agit d’un engagement éducatif impressionnant. Ils étudient comme des Italiens, apprennent notre culture et nos valeurs, et peuvent constituer un grand potentiel pour le pays. Une partie importante de l’avenir de l’Italie peut dépendre de leur inclusion positive ».
Non moins importants sont les épisodes de violence de plus en plus fréquents, notamment chez les jeunes.: « »L’actualité récente s’est concentrée sur certains cas de déviance très grave dans lesquels les garçons étaient les protagonistes. Vols, meurtres, bagarres entre bandes de jeunes, violence et harcèlement intolérables contre les filles, épisodes inacceptables d’intimidation et d’arrogance qui mortifient les autres enfants. » Une action de grande envergure est nécessaire à différents niveaux. « .
Et le chef de l’État s’est justement concentré sur les jeunes. L’attention portée à eux est fondamentale et c’est pour cette raison que l’école doit les prendre par la main.: « L’école doit courir pour les suivre, et elle ne peut y parvenir qu’en faisant des jeunes des protagonistes, en renforçant le dialogue entre les enseignants et les familles, et avec la réalité sociale dans laquelle elle s’insère ». Vous trouverez ci-dessous le texte intégral du discours du président Mattarella :
« J’adresse un salut très cordial aux Ministres et Autorités du territoire.
Je remercie Rai pour l’organisation, en me joignant à la mémoire de Claudio Donat Cattin.
Je remercie l’Institut qui nous accueille, le « Saffi Alberti », dans ce cadre magnifique et bien organisé.
Je remercie tous ceux qui ont participé – des artistes aux athlètes, en passant par les étudiants et les nombreux participants – qui ont rendu cette rencontre si engageante, avec le soutien indispensable et précieux de l’Orchestre. Je remercie Flavio Insinna et Malika Ayane de nous avoir guidés par la main, pas à pas, dans cette splendide après-midi.
Merci.
Chères filles, chers garçons, l’école reprend. Et avec l’école, le rythme habituel et dynamique de la société recommence. L’école marque l’année non seulement des jeunes, mais aussi des familles, des communautés, des villes et des villages. La réouverture des écoles a toujours représenté une opportunité, un motif fort d’engagement commun, un motif d’espoir. C’est le chemin vers notre avenir. Nous avons décidé, pour commencer, de nous réunir ici, au cœur de la Romagne, frappée en mai dernier par une inondation dévastatrice, qui a fait des victimes, détruit des maisons et des entreprises, inondé les champs de culture, bouleversant la vie de nombreuses personnes. L’année scolaire s’ouvre régulièrement sur ces terres, malgré les dégâts subis par les structures. Même si le tremblement de terre de la nuit dernière, dans une municipalité non loin d’ici, a créé des problèmes à l’école locale. Ce début comme celui-ci en Romagne est un signe fort et concret de ténacité et de résistance.
L’ouverture ici, aujourd’hui, représente – à travers l’école et au-delà – un message de proximité inaltérée avec les Romagnes.
Dans les jours qui ont suivi les inondations, de nombreux volontaires de toute l’Italie, en particulier des filles et des garçons, ont pris des pelles, des balais et des seaux. Leur contribution a été inestimable dans la lutte contre la boue et dans la démonstration d’une culture de solidarité. Ils ont démontré concrètement que l’Italie est une communauté. Que nous pouvons tous sortir des problèmes ensemble. L’école italienne, dans son ensemble, est une grande réalité. Il possède des énergies précieuses. Elle est riche de la passion, de la culture et du dévouement des enseignants, des managers et du personnel. Comme chaque année, nous rappelons que les problèmes, les lacunes et les insuffisances ne manquent pas, souvent compensés par l’engagement quotidien du personnel enseignant et non enseignant. Il n’est pas toujours possible d’attribuer des ressources et des investissements adéquats au système éducatif. Mais la conscience de la valeur stratégique de la formation grandit dans tous les milieux : pour l’épanouissement personnel des enfants, pour leurs perspectives professionnelles futures, pour l’acquisition d’une conscience civile et démocratique.
La Constitution républicaine – la charte fondamentale qui régit et inspire notre coexistence – a établi que « l’école est ouverte à tous ». Parce que tous les citoyens, dès la naissance, sont égaux.
L’un des piliers de la République repose sur le droit universel à l’éducation. L’école est donc pour tout le monde et pour tout le monde. Elle ne tolère pas les exclusions, les marginalisations, les différences, les écarts. Il en serait – et est parfois – déformé. C’est le lieu où les enfants et les jeunes apprennent les bases du savoir. Où ils se réconcilient avec leur histoire et leurs racines. Où ils sont aux prises avec la diversité et la coexistence. Où ils se passionnent pour l’art, la littérature, la science, la technologie, dessinant le chemin de leur demain. Où ils font l’expérience de la maîtrise de soi, de leurs ressentis, du vivre ensemble. Il n’y a pas d’avenir individuel sans connaissance. Il ne peut y avoir de société libre et ordonnée sans école.
L’inclusion est donc un objectif d’une importance décisive. De nombreux progrès ont été réalisés ces dernières décennies en faveur des jeunes handicapés, grâce également au travail extraordinaire des enseignants de soutien. Mais sur ce front, nous ne pouvons pas nous arrêter, et encore moins revenir en arrière. Il faut également tenir compte du fait que nos cours sont fréquentés par environ 800 000 étudiants, migrants ou enfants de migrants étrangers. Un dixième des inscrits dans nos instituts. Il s’agit d’un engagement éducatif massif. Ils étudient en tant qu’Italiens, apprennent notre culture et nos valeurs et peuvent représenter un grand potentiel pour notre pays. Une part importante de l’avenir de l’Italie pourrait dépendre de leur inclusion positive.
Cependant, la condition particulière des migrants, combinée aux conditions de pauvreté d’un grand nombre de leurs familles, signifie que ces filles et ces garçons sont exposés – plus que d’autres – à des retards ou à des abandons scolaires.
On ne grandit pas dans l’isolement avec l’esprit civique nécessaire. Car les formes de séparation, même si elles ne sont ni déclarées ni intentionnelles, engendrent des risques très insidieux pour l’ensemble de la société. Nous devons éviter le risque que des jeunes, ayant grandi en dehors des circuits scolaires, traduisent leur marginalisation en refus de coexister ou en impulsion à la rébellion.
C’est pourquoi l’inclusion est une valeur fondamentale de l’école.
L’actualité récente s’est concentrée sur certains cas de déviance très grave dans lesquels des enfants étaient les protagonistes. Vols, meurtres, bagarres entre bandes de jeunes, violence et harcèlement intolérables contre les filles, épisodes inacceptables d’intimidation et d’arrogance qui mortifient les autres enfants.
Une action de grande envergure est nécessaire à différents niveaux. Avec des politiques visant à investir dans la jeunesse et l’avenir, avec des interventions structurelles pour combler les écarts entre les territoires, avec des stratégies pour élargir les opportunités et les voies d’intégration et de solidarité, avec la répression des délits, en particulier l’activité des organisations criminelles qui tentent de s’imposer comme une alternative violente à la vie civile, à la légalité, aux institutions démocratiques elles-mêmes.
Tout cela rend encore une fois plus fondamentale la lutte contre le décrochage scolaire avec toujours plus de détermination. Parce que l’école est la première et la plus importante réponse à la dégradation. Les bonnes écoles sont l’outil le plus efficace et le plus précieux dont dispose la République pour créer et diffuser une culture de légalité, de coexistence et de respect parmi les jeunes générations. Nous devons encourager le travail de nombreux enseignants enthousiastes et volontaires, les aider dans leur cheminement avec les élèves, en évitant qu’ils changent chaque année, avec la nécessité de reconstruire à chaque fois la relation avec eux. En garantissant aux enseignants des conditions économiques adéquates, et en redonnant pleinement à leur rôle le prestige qu’ils méritent dans la société et qui est parfois remis en question par les parents qui ne se rendent pas compte qu’ils nuisent à leurs enfants.
Car, comme l’enseignait Platon, « Lorsque les enfants prétendent être égaux à leur père, les professeurs tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter plutôt que de les guider ; quand les lois sont méprisées et ne tolèrent plus aucune autorité, alors c’est le signe que la tyrannie va commencer.
Le Plan National de Relance et de Résilience – une opportunité historique pour l’Italie – concerne évidemment aussi le renforcement des écoles. Partout, sur tout le territoire national, car l’école est un patrimoine commun à toute l’Italie. L’esprit qui doit nous guider est celui d’une entreprise collective des institutions et de la société. L’école a besoin d’un entretien et d’une mise à jour continus. Également pour combler les limites structurelles. Nous devons œuvrer pour éviter l’encombrement des classes, qui pénalise les programmes d’études et les opportunités pour les étudiants.
Tout d’abord, la sécurité des bâtiments scolaires et l’alternance entre école et travail doivent être garanties. En ce sens, j’ai apprécié les paroles des ministres Valditara et Calderone. Parents et enfants doivent vivre l’expérience scolaire en toute sérénité. L’attention portée aux jeunes est fondamentale. Maria Montessori, la grande éducatrice italienne célèbre dans le monde entier, a écrit : « La société humaine ne peut pas changer sans la collaboration des adultes et des enfants ». Nous devons rendre l’enseignement et la fréquentation scolaire attrayants, captivants et même amusants. Il faut transmettre le goût de l’apprentissage, de la culture, du vivre ensemble. Les enfants – écoliers, étudiants – sont à l’école pour apprendre mais aussi pour grandir, pour devenir acteurs de leur avenir. Non pas pour s’adapter passivement, encore moins pour faire l’objet d’une homologation mais, au contraire, pour développer l’initiative et la créativité et les mettre à l’épreuve.
L’école doit être de plus en plus ouverte et accueillante, intégrant. C’est en compagnie qu’on apprend « à avoir des idées », comme l’écrit Homère dans un chant de l’Iliade.
Les filles et les garçons disposent de ressources que les générations plus âgées ne pouvaient même pas imaginer.
Ils ont de nombreuses longueurs d’avance en matière de connaissances technologiques et numériques. Ils sont formés pour vivre à une époque où tout est accéléré et mondialisé. L’école doit fonctionner pour les suivre, et elle ne peut y parvenir qu’en faisant des jeunes des protagonistes, en renforçant le dialogue entre les enseignants et les familles, et avec la réalité sociale dans laquelle elle s’insère. Il faut croire aux jeunes. Pariez sur eux. Aidez-les à grandir.
Parce que l’école, c’est vous, chères filles et garçons.
L’école est votre chemin vers la liberté.
Bonne route.
Bonne année scolaire à tous.
